Le Siwak, ou Miswak, Origines, Propriétés et Utilisation

Le siwak, de son nom arabe سواك est aussi appelé miswak (littéralement « bâton pour se laver les dents ») ou encore bois d’Arak. On l’obtient à partir de la racine de Salvadora persica, une plante utilisée comme brosse à dents naturelle depuis l’Antiquité. Traditionnellement, plusieurs plantes différentes étaient utilisées à cet effet, mais salvadora persica présente les propriétés les plus intéressantes pour l’hygiène bucco-dentaire. On trouve le siwak dans l’ensemble du monde arabe, mais aussi en Inde, et plus largement en Asie. On mâche le bâton de siwak ou on l’utilise comme une brosse à dents. Il se présente comme un bâtonnet de quelques centimètres de longueur et du diamètre d’un doigt de la main.

Origines du siwak

L’usage du siwak remonterait à 7000 ans. C’est l’ancêtre de la brosse à dents, inventée bien plus tard en Chine environ au 7ème siècle, et faite avec des poils de porc.

L’utilisation du siwak est documenté dans la Grèce et la Rome Antiques[1], à Babylone ou encore en Egypte ancienne. Ainsi, l’une des traces les plus anciennes d’hygiène dentaire que nous possédons sont des bâtons de siwak babyloniens datés de 3500 ans avant JC.

L’utilisation de bâtonnets faits de différentes plantes pour l’hygiène bucco-dentaire traverse les cultures. On les nomme qisa en araméen, qesam en hébreu, ou encore mastic en latin.

Non seulement le siwak est très ancien, mais la répartition géographique de la salvadora persica est large. La plante est présente en Afrique, en Asie (sud et sud-est) et au Moyen-Orient. Chaque région lui attribue différents noms locaux. Par exemple en Malaisie, le siwak est connu sous l’appellation kayu sugi, ou littéralement « bâton à mâcher ».

Le Siwak en Inde

En Inde, le siwak est mentionné dans le texte des « Lois de Manu » sous le nom sanskrit manusmrti (मनुस्मृति) au début de notre ère (environ 2ème siècle). Néanmoins, il apparaît déjà dans des textes plus anciens, dont la datation est estimée à cinq cent ans avant J.C. Il s’agit du Sushruta Samhita, un traité collectif de médecine ayurédique et de chirurgie .

En Inde, on utilise aussi le bâton de neem (“desi datun”) aux propriétés intéressantes, mais les études scientifiques ont démontré que le siwak était plus efficace.

Le Miswak dans le monde arabe

Pour l’islam, le miswak est particulièrement apprécié du fait que Mahomet en ait personnellement fait usage. Le prophète recommande l’usage du siwak dans plusieurs hadiths, des transmissions orales relatives à son mode de vie. Le siwak entre donc dans l’hygiène musulmane. Le hadith préconise son utilisation le matin au réveil et le soir au coucher, avant tout évènement social et avant toute pratique religieuse ou prière. L’appréciation montrée par Mahomet popularise le siwak dans l’ensemble du monde musulman.

En Inde comme au Moyen-Orient, l’hygiène fait partie intégrante de la pratique religieuse. Pour l’Islam, comme pour l’hindouisme, le bouddhisme et d’autres religions de l’Inde, l’hygiène du corps est liée à la pureté de l’âme et de l’esprit.

Propriétés du siwak

Salvadora Persica

Le bâton de siwak est fait de la racine de salvadora persica. Ce petit arbuste, qui peut atteindre six à sept mètres de haut, pousse dans les zones arides et désertiques, et tolère les chaleurs extrêmes et la sécheresse. Il s’adapte aussi aux zones de bord de mers et à la proximité des rivières. On le trouve en abondance dans tous le Moyen-Orient et l’Asie.

Ses propriétés médicinales ne s’arrêtent pas à la racine, et on trouve de nombreux usages folkloriques des branches et des feuilles de cet arbuste. On le reconnaît à ses fleurs jaunâtres et vertes et à ses baies rouge écarlate. La racine est beige, couleur sable, alors que les branches sont de couleur plus foncée. Son odeur est également typique, assez proche de la moutarde.

La plante entière a été utilisé par les druides celtes, qui la mentionnent dans les textes irlandais du Cycle d’Ulster. Elle entrait également dans des préparations médicinales contre les maux de tête dans la Perse ancienne.

Salvadora Persica

Propriétés de la racine de salvadora persica

De nombreuses études scientifiques se sont penchées sur la composition chimique de la racine de cette plante, suite à son usage millénaire. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en reconnaît les bénéfices depuis 1986.

Le siwak nettoie et désinfecte les dents, les gencives et la langue. Il est également très efficace pour se débarrasser de la plaque dentaire. Les études ont démontré qu’il renforce les gencives, qu’il élimine la mauvaise haleine, et qu’il blanchit et polit les dents.

Ses propriétés antibactériennes et blanchissantes sont dues à sa composition chimique, car le siwak possède de nombreux alcaloïdes, de la silice, du fluor, de la vitamine C, du calcium, du phosphore

Composition du Siwak

La racine de siwak ainsi que son écorce sont composées de cendres, d’alcaloïdes, de chlores et de fluors ainsi que de petites quantités de silices, sulfure, et vitamine C. Elles comportent aussi de petites quantités de tanins, saponines, flavonoïdes et stérols.

Alcaloïdes

Les alcaloïdes sont les principaux agents antimicrobiens et antibactériens du siwak.

Silice

La silice est une composante légèrement abrasive qui permet de débarrasser les dents du tartre et de les blanchir. Elle traite les taches dues au café, au tabac, ou aux tanins du vin et du thé.

Fluors

Le fluor, bien que controversé, est souvent ajouté sous sa forme synthétique aux produits de soin dentaire pour prévenir la formation de caries. Le siwak contient naturellement du fluor, à hauteur de 1 μg/g.

Vitamine C

La vitamine C promeut la guérison et la cicatrisation des tissus, entrant dans le soin des petites coupures et blessures.

Bienfaits du Siwak

L’efficacité du bâton de siwak est dû à deux choses. D’une part, il existe un effet mécanique des fibres sur la plaque dentaire, et d’autre part, le bâton relâche des substances antimicrobiennes et protectrices lors de son utilisation.

Le siwak est donc efficace contre les caries, la plaque dentaire et les gingivites. Ses bienfaits sont nombreux. Le siwak est :

  • Un antiseptique qui nettoie les dents et les gencives en douceur grâce aux alcaloïdes comme la salvadorine qui tue les bactéries et les microbes
  • Un protecteur contre les caries, notamment grâce au fluor. De nombreuses études ont démontré son efficacité contre les caries[2]
  • Un blanchissant qui aide à se débarrasser des taches sur les dents
  • Un assainissant qui lutte contre la mauvaise haleine
  • Un protecteur des gencives qui aide à réduire les petits saignements et renforce les gencives
  • Un bon moyen d’éliminer la plaque dentaire, grâce à la silice et à l’effet astringent des tanins. L’utilisation du siwak est plus efficace contre la plaque dentaire que celle d’une brosse à dents classique associée à un dentifrice classique2
  • Une aide à la cicatrisation des petites plaies buccales

Par ailleurs, le siwak promeut la salivation et réduit donc l’effet de bouche sèche ou pâteuse. Cela est dû à son goût légèrement amer.

Bienfait Siwak

Son action antiseptique et anti microbienne s’étend aussi à l’ensemble de la bouche et à la gorge. Elle va même au-delà car elle est efficace contre les streptocoques et les staphylocoques.

Sa composition se rapproche d’un dentifrice, grâce à sa teneur en huiles essentielles, en sel (chlorure de sodium), en souffre et en silice. Il laisse un film de résine protecteur sur les dents qui les protège après usage.  Il aide aussi à reminéraliser l’émail des dents, grâce à sa teneur en calcium. Les huiles essentielles contenues dans le siwak lui donnent un goût agréable et laisse la bouche fraîche. Ce sont ces huiles qui stimulent la salivation.

On donne aussi des bâtons de Siwak aux enfants pour qu’ils arrêtent de sucer leur pouce, ou aux adultes qui arrêtent de fumer.

Tous ces bienfaits expliquent pourquoi on trouve le siwak dans différents dentifrices en pâte ou encore en poudre. Mais le mieux est de l’utiliser sous sa forme traditionnelle, en bâton, car l’intervention mécanique en frottant doucement le bâton contre les dents est la plus efficace pour traiter la plaque dentaire.

Plusieurs études montrent que le bâton de miswak est plus efficace que les dentifrices à base de chlorhexidine.2 L’une des raisons qui explique cette efficacité est le temps d’utilisation. En effet, le bâton de siwak est traditionnellement utilisé pendant quelques minutes alors que le brossage avec une brosse à dents est souvent plus court, malgré les recommandations des dentistes. Les populations chez lesquelles ces études ont été réalisées utilisent le bâton de siwak à plusieurs reprises dans la journée, pour des durées de plusieurs minutes à chaque fois.

Comment utiliser le Siwak ?

L’utilisation du bâton de siwak est très simple. Il suffit de tailler une extrémité du bâton ou de la mâchonner sur environ un centimètre. De la sorte, on découvre les fibres, qui ont l’aspect de poils (comme des poils de brosse à dents). Puis on se brosse les dents sans dentifrice avec l’extrémité du bâton, après avoir pris soin de le mouiller à son extrémité. Lorsque les fibres s’endommagent, on recommence l’opération : on taille le bâton à nouveau, en pelant l’écorce.

Pour se laver les dents, on commence par laver le bâton de siwak à l’eau claire. En Inde et au Moyen-Orient, on aime utiliser de l’eau de rose pour ce faire. Puis, on pose le bâton de siwak en haut de la dent à la limite de la gencive et on frotte doucement vers l’extrémité de la dent. On répète l’opération sur les deux faces de chaque dent, de préférence trois fois. Le nettoyage prend environ cinq minutes pour être efficace.

On nettoie aussi la langue avec le bâton de siwak, pour nettoyer le film blanchâtre qui s’accumule sur le dos de la langue. Pour mieux nettoyer la langue, certains préfèrent tailler l’extrémité de leur bâton de miswak en forme de V.  Une fois que vous avez fini de vous laver les dents avec votre bâton de siwak, n’oubliez pas de le nettoyer à l’eau claire ou à l’eau de rose. Prenez soin de l’entreposer à la verticale jusqu’à sa prochaine utilisation.

Précautions d’emploi du Siwak

L’usage du bâton de siwak est sans danger. Il existe néanmoins de très rares cas d’allergie. Si vous êtes allergique au siwak, vous vous en rendrez compte en quelques minutes. L’allergie se manifeste par une sensation de démangeaison dans les gencives ou la gorge, des éternuements ou éventuellement des rougeurs autour de la bouche. Si vous êtes sujet à cette allergie extrêmement rare, cessez immédiatement d’utiliser le siwak. Si les symptômes persistaient, consultez un médecin.

Des études ont également démontré que l’action mécanique de frottement du bâton de siwak était contre-indiqué à haute fréquence dans les cas de déchaussement des dents2. Néanmoins, d’autres études ont démontré qu’il n’y aurait pas de différence avec l’utilisation d’une brosse à dents classique. 

Le siwak, un soin bucco-dentaire naturel

Le bâton de siwak, ou miswak, est un soin bucco-dentaire naturel, bio et peu couteux. Il est complètement écologique, car il ne produit aucun déchet. On utilise l’intégralité du bâton, et s’il en reste un petit bout, vous pouvez le composter car il est entièrement biodégradable.

Il peut remplacer l’usage de la brosse à dent et du dentifrice ou y être combiné. C’est aussi un moyen très pratique de se laver les dents en voyage ou lorsque l’on n’a pas accès à de l’eau courante pour se laver les dents. Il prend peu d’espace dans votre sac de voyage et vous pouvez l’utiliser à tout moment, en attendant le bus ou dans l’avion… Comme au Moyen-Orient où l’on voit souvent les gens faire usage du siwak alors qu’ils attendent quelqu’un, ou au café après une petite collation.

Il vous laissera l’haleine saine et les dents propres et blanches en quelques minutes.  Pour acheter vos bâtons de siwak, rendez-vous sur la boutique en ligne !


[1] Wu C.D et al. Chewing sticks: timeless natural toothbrushes for oral cleansing. Journal of Periodontal Research. 2001 Oct; 36(5):275-84.

[2] Ces études sont notamment citées par : Halawany H. S. (2012). A review on miswak (Salvadora persica) and its effect on various aspects of oral health. The Saudi dental journal, 24(2), 63–69. doi:10.1016/j.sdentj.2011.12.004

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