Quelle eau boire et comment purifier l’eau du robinet ?

L’eau, composante fascinante nécessaire à la vie, compose la majorité de notre corps. Avant d’arriver dans votre verre, chaque molécule d’eau voyage, passant par les pluies, les roches, les plantes ou les animaux. L’eau a elle aussi une vie. Celle qui compose votre corps au moment présent a donc fait partie d’une rivière, d’une fleur ou d’un lac, avant de faire partie de vous.

Selon certaines hypothèses scientifiques, l’eau serait arrivée sur terre par des comètes chargées de glace, et serait donc d’origine extra-terrestre ! Pour d’autres la terre s’est formée dès l’origine avec de l’eau. Si son origine est un mystère, nous savons une chose pour sûr : l’eau, c’est la vie. Sans elle il n’y aurait pas de vie sur notre planète. Notre plus précieuse ressource vitale est pourtant menacée selon de multiples études scientifiques concordantes.

Aujourd’hui la grande majorité de nos ressources en eau douce sont utilisées par l’agriculture intensive. À elle-seule, elle engloutit 90% de notre usage. L’agriculture intensive est aussi la source principale de pollution de nos nappes phréatiques et de nos rivières.

Si nous avons le privilège d’avoir accès à une eau potable, elle n’est pas toujours exactement pure. Nous possédons pourtant différentes technologies de filtration et de stockage de l’eau.

Il est recommandé de boire environ un litre et demi d’eau par jour pour se maintenir en forme. Si cela est souvent répété, beaucoup d’entre nous ne boivent pas assez, et cela peut être une source de fatigue chronique si l’on n’y prête pas attention. L’eau est fondamentale à notre santé, il est donc important de bien la choisir.

Eaux en bouteille, eau du robinet, eau de source… quelle est l’eau la plus adaptée à notre quotidien ?

Quelle eau boire au quotidien ?

Boire de l’eau de source

On peut encore aller remplir ses bouteilles à la source en montagne dans beaucoup d’endroits en France et en Europe. Si vous avez la chance d’être à proximité d’une source naturelle, profitez-en ! La plupart des sources sont contrôlées et vous devez trouver un signe « eau potable ». Certaines sources plus sauvages ne sont pas renseignées. Si vous n’avez pas d’informations sûres sur sa composition, méfiez-vous des résidus organiques et des bactéries. Renseignez-vous sur la minéralité de l’eau (souvent très chargée en fer par exemple) et pensez à la filtrer si vous souhaitez en faire une consommation quotidienne.

Boire de l’eau de pluie

L’écohabitat et la permaculture aiment à récupérer les eaux de pluies. Certains écohabitats utilisent l’eau de pluie pour la douche ou l’irrigation de jardins, mais cette eau peut également être consommée si elle est correctement filtrée. Comme pour l’eau de source, il est nécessaire de traiter les bactéries potentielles et les résidus organiques.

Boire de l’eau en bouteille

En attendant, l’eau minérale ou de source en bouteille reste très prisée malgré la consommation de plastique excessive qu’elle entraîne. Si elle plaît autant c’est que sa qualité est très contrôlée. Pourtant sur le plan de la santé, ces eaux sont recommandées en cure et non pas pour un usage quotidien. En cause, la forte minéralisation de certaines d’entre elles, qui peut être difficile à gérer pour les reins. Si vous consommez de l’eau en bouteille régulièrement, il est conseillé de vérifier le résidu minéral sec. Il doit être de maximum 300 mg/litre. Les eaux dites « de source » sont plus faiblement minéralisées que les eaux dites « minérales ». Cependant, il faut noter que le stockage de l’eau dans du plastique est problématique, car avec la chaleur il peut laisser des traces chimiques. Gardez bien vos bouteilles dans un lieu frais, à l’abri de la lumière du soleil. D’un point de vue plus subtil, le stockage en bouteille fait perdre à l’eau sa vitalité.

Problème du recyclage des bouteilles d’eau en plastique

La fable part du plastique recyclé

Autre problème : la faible part de recyclage des bouteilles d’eau en plastique. En France, seules 45% des bouteilles et flacons en plastique sont recyclés. À l’échelle mondiale, ce sont 91% des déchets plastiques qui ne sont pas recyclés ! La très grande majorité du plastique produit termine donc sa vie dans les décharges, les océans ou encore les canalisations. 

Le plastique mis sur le marché est aujourd’hui majoritairement non recyclable ou “faiblement recyclable”

C’est à dire que les caractéristiques de ces plastiques (types de résine, taille, poids, débouchés possibles pour la matière recyclée obtenue…) les rendent techniquement ou économiquement difficiles, voire impossibles à recycler.

Le plastique ne se recycle pas à l’infini

Contrairement à d’autres matériaux qui peuvent fonctionner en boucle fermée (métaux, verre…), le recyclage du plastique permet donc d’économiser des ressources mais pas d’éviter le recours aux matières premières vierges. Avec le recyclage mécanique, on estime à 40% la perte de matière au cours du processus de recyclage. Les technologies de recyclage chimique, qui pourraient permettre de régénérer le plastique grâce à la dépolymérisation ne fonctionnent pour l’instant pas à l’échelle industrielle et se révèlent très gourmandes en énergie.

Le recyclage du plastique pose des problématiques de santé publique

La matière plastique se caractérise par la possibilité d’y intégrer de nombreux additifs qui peuvent être nocifs pour l’homme ou l’environnement (métaux lourds dans certains colorants, retardateurs de flamme bromés, phtalates, nanomatériaux…). Par ailleurs, la présence de ces composants empêche parfois leur recyclage.

Il n’est pas nécessaire d’acheter de l’eau en bouteille pour boire de l’eau de qualité. Vous l’avez compris, évité les bouteilles en plastique vous achetez de l’eau en bouteille ! L’eau du robinet est une bonne alternative. Elle est souvent d’une qualité assez élevée pour être en compétition avec une eau en bouteille, une fois filtrée.

Boire l’eau du robinet

L’eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé. Sa qualité dépend de dizaines de facteurs. Il existe des normes mondiales, fixées par l’OMS, et des normes nationales, encore plus strictes que ces dernières. En France, à priori pas d’inquiétudes à se faire, l’eau du robinet est potable. Néanmoins, elle est traitée et sa qualité varie en fonction de votre localisation. Les grandes agglomérations comme Paris n’ont bien sûr pas la même qualité d’eau qu’un petit village adossé à la montagne.

L’eau du robinet possède des minéraux comme les eaux en bouteille : calcium, magnésium, fer, potassium, cuivre, sélénium, zinc, iode, phosphore, potassium, manganèse et sélénium. Pour vérifier la qualité de l’eau qui sort de votre robinet en France, vous pouvez consulter la carte réalisée par l’UFC-Que Choisir. Elle vous renseignera sur sa qualité bactériologique et physico-chimique mais aussi sur la présence éventuelle de polluants agricoles ou encore sur son taux de radioactivité. Selon leurs données, 96% de l’eau distribuée en France est de bonne qualité. Si la zone où vous vous trouvez fait partie des 4% restants, il est très fortement conseillé de la filtrer pour votre santé.

Si vous vous trouvez dans une région où la qualité est bonne, il y a d’autres raisons pour la purifier également.

Pourquoi filtrer l’eau du robinet ?

 

Pour être consommable l’eau du robinet est traitée afin d’être saine sur le plan bactériologique. Sur le plan chimique, ces traitements laissent des traces. L’eau contient aussi d’autres résidus chimiques qui échappent aux filtres actuels, à l’échelle de traces.

Si elle est consommable en toute sécurité, l’eau traitée est loin d’être pure, puisqu’elle contient des résidus de chlore, du calcaire, et des micropolluants comme des traces de médicaments et de pesticides ou encore des métaux lourds.

Tableau de quelques micros-polluants qui peuvent se trouver dans l’eau courante :

Nitrates

Les nitrates proviennent des exploitations agricoles intensives. Leur taux varie en fonction de votre localisation. Le bassin parisien, par exemple, est connu pour avoir une eau forte en nitrate, qui doit être fortement traitée avant d’être distribuée. Il convient de surveiller le taux en nitrates, particulièrement dans les zones d’agriculture intensive. Cela relève néanmoins des compétences sanitaires officielles et nous n’avons normalement pas à nous en soucier. Si les taux de nitrates sont au-dessus des limites recommandées, attention carton rouge !

Chlore

L’eau courante ne présente pas de risque sur le plan bactériologique grâce au traitement au chlore, qui se débarrasse des bactéries, mais laisse une trace et un goût désagréable. Il y de toutes petites quantités de chlore dans l’eau qui est distribuée. Le chlore n’est pas un allié du système digestif, pour lequel il est agressif.

Un excès de chlore est dangereux pour la santé. Dans l’eau du robinet, les taux de chlore sont bas et donc sûrs (maximum 0,1mg/l) mais cette consommation quotidienne peut être nocive à la longue. Il vaut mieux filtrer le chlore, pour un meilleur goût et une meilleure flore intestinale.

Calcaire

L’eau peut être naturellement plus ou moins calcaire. Une eau trop riche en calcaire donne du travail à vos reins, et peux provoquer des calculs rénaux si elle est consommée quotidiennement. Une fois de plus, le taux de calcaire de l’eau à laquelle vous avez accès peut se vérifier en un clic en ligne. Si l’eau est très dure, il vaut mieux la filtrer.

 

Micropolluants

Autrement plus inquiétants que le chlore ou le calcaire, les micropolluants, traces de pesticides, de médicaments ou de métaux lourds sont présents dans certaines eaux. Ces derniers échappent parfois aux traitements, même s’ils ne sont présents qu’en toutes petites quantités.

Pesticides

L’usage de pesticides en agriculture intensive a laissé filtrer dans les nappes phréatiques et les cours d’eau des quantités non-négligeable de résidus chimiques. Parmi eux, les fameux AMPA[2], produits de la dégradation du glyphosate, devenus plus connus du public depuis le procès Monsanto[3]. Ces résidus ont contaminé les réseaux d’eau potable et échappent aux stations d’épuration. Les taux de résidus de pesticides varient énormément en fonction du lieu où vous vous trouvez, et de sa proximité avec des zones d’agriculture intensive. Ils sont accusés d’être impliqués dans les cancers et les maladies dégénératives. En somme, mieux vaut se débarrasser des traces de pesticides.

Médicaments

On trouve aussi dans l’eau des traces de médicaments. Elles y aboutissent par les urines des usagers. Des questions de santé publique ont été soulevées suite à la découverte d’hormones dans les eaux, conséquence de la généralisation de la pilule contraceptive. D’autres médicaments ou drogues de synthèse laissent des traces. Les antidépresseurs en font partie, mais aussi de nombreuses autres drogues de synthèse. Pour l’anecdote, la qualité des eaux Londonienne a fait parler d’elle dans la presse pour son taux surprenant en … cocaïne. D’autres molécules viennent rejoindre cette liste de substances, comme les bêtabloquants ou les médicaments destinés aux animaux.

Métaux lourds

Les métaux lourds, autres polluants, comme plomb ou le cuivre, peuvent en partie provenir de la tuyauterie. D’autres métaux lourds viennent de la pollution industrielle et agricole. Ils émanent entre-autre des fumées de la combustion d’énergies fossiles, comme le pétrole. Ils se répandent dans l’environnement sous forme de microparticules, qui se déposent et contaminent les sols.

La toxicité de ces métaux dans l’eau ne dépend pas que de leur dosage mais aussi de leur forme chimique. Au banc des accusés : principalement le mercure, le plomb et le cadmium mais aussi l’antimoine, le cuivre, le chrome ou l’arsenic. D’autres métaux sont neutres, et certains peuvent être présents à des doses bénéfiques à l’organisme comme le fer ou le sélénium. Néanmoins, s’ils sont bénéfiques à très faible dose, ils peuvent devenir toxiques à haute doses ou même à dose moyenne, comme pour le cuivre. La présence d’antimoine a été détectée dans certaines eaux en bouteille car c’est un produit dégagé par le processus de fabrication du plastique PET. Il est toxique pour l’organisme et il serait potentiellement un perturbateur endocrinien.

Bref, mieux vaut filtrer les traces de métaux lourds avant de consommer l’eau courante, et éviter les bouteilles en plastique.

Comment filtrer l’eau du robinet ?

 

Il existe un grand nombre de méthodes pour filtrer l’eau et certaines pour la revitaliser. On trouve sur le marché des systèmes à fixer directement sur la plomberie, pour l’usage courant à la maison, ainsi que différents types de carafes et bouteilles filtrantes à prendre en déplacement.

L’un des matériau phare des filtres : le charbon actif, qui purifie l’eau en absorbant les molécules indésirables.

Carafes Brita

Plus économique et écologique que la bouteille d’eau du supermarché, on connaît tous la fameuse carafe, dont il faut changer le filtre régulièrement. Elle filtre bien le chlore. Le filtre débarrasse aussi l’eau des résidus de métaux lourds.

L’eau est adoucie, débarrassée de son calcaire, mais aussi délestée au passage de quelques précieux minéraux.

L’eau a donc meilleur goût mais est-elle meilleure pour la santé ? Le constructeur de carafe bien connu a dû faire face à des critiques lui opposant que l’eau filtrée serait moins bonne pour la santé, car trop pauvre en minéraux. Malgré cela, la carafe filtrante reste très choisie, puisqu’elle débarrasse du chlore, du calcaire et des métaux lourds, à condition de changer le filtre très régulièrement.

Attention si vous oubliez de changer le filtre, non seulement l’eau n’est plus purifiée mais ce dernier commence à délester les résidus qu’il a absorbé. Il est donc impératif de changer le filtre à temps pour avoir de bons résultats.

Son ingrédient secret ? Du charbon actif de noix de coco, combiné à une résine et à un filtre tissé.

Filtres à Osmose inversée

Les filtres à osmose inversée sont très efficaces : ils filtrent tout. Ils sont adaptables à de l’eau de pluie. Même mauvais point que pour les filtres précédents, ils se débarrassent aussi des minéraux, qui nous sont bénéfiques. Boire de l’eau déminéralisée tous les jours n’est pas forcément conseillé, car vous risquez de vous déminéraliser vous aussi. Les filtres à osmose inversée sont assez coûteux et demandent une installation. Le filtre consomme de l’électricité pour fonctionner et utilise une eau grise qui recueille les déchets. Pour filtrer un litre d’eau, il consomme jusqu’à quatre litres au total.

C’est un filtre à envisager si vous n’avez pas accès à l’eau courante.

La céramique

Il existe différentes sortes de filtres en céramique, qui peuvent rendre potables des eaux relativement sales, comme des eaux de rivière. La céramique permet d’effectuer une microfiltration. Parfois les filtres utilisent aussi l’argent colloïdal en complément pour traiter les bactéries. Les filtres en céramique sont simples d’entretien et peu onéreux. Ils sont beaucoup utilisés dans des régions où l’accès à l’eau potable est problématique. Il existe des variantes, comme les perle de céramique que l’on plonge dans une carafe d’eau. Elles absorbent le chlore, le calcaire et les résidus chimiques.

Attendre environ une demi-heure avant de les retirer, votre eau est purifiée !

Les filtres nano en bouteille

La microfiltration semble être une des clefs de tous les filtres efficaces et vous avez peut-être entendu parler des filtres dits « nanotech » qui filtrent à si petite échelle et peuvent rendre des eaux très sales et polluée potables.[4]Développées à l’attention des pays en difficulté, les bouteilles ont atterri assez rapidement dans les sacs-à dos des voyageurs aisés. Il s’agit d’un accessoire intéressant à avoir avec soi lorsque l’on part à l’aventure, plus que d’un filtre pour le quotidien.

Le charbon actif

La plupart des filtres, dans les carafes ou les bouteilles que l’on trouve en magasin de sport, sont faites avec un ingrédient phare : le charbon actif. Peu coûteux et très efficace c’est le moyen le plus simple de filtrer l’eau du robinet. Le charbon non seulement vous débarrassera de la plupart des indésirables qui peuvent être présents dans l’eau courante mais en plus il minéralise l’eau et neutralise son ph. Il suffit de déposer un bâton de charbon actif dans votre carafe, puis de la transférer dans une bouteille en verre une fois filtrée. Pour en savoir plus sur le charbon actif, lisez notre article sur le charbon actif Binchotan.

 

Les revitaliseurs

Certains systèmes vont plus loin que la filtration, et revitalisent l’eau en la remettant en mouvement à l’aide d’une spirale appelée un vortex. Ces filtres peuvent aussi s’installer directement sur les canalisations. Néanmoins, ces filtres sophistiqués peuvent être assez coûteux.

Vous pouvez filtrer votre eau avec le système de votre choix, soit installé directement sur vos canalisations soit en la stockant en carafe. Si vous êtes amenés à la stocker, préférez le verre, c’est le meilleur contenant pour l’eau. Si l’eau du robinet est bonne là où vous vous trouvez, le charbon actif est le choix le plus simple, efficace et économique

En voyage, embarquez une bouteille avec un filtre à charbon, ou un filtre nano si vous partez à l’aventure. !

[2] Acide aminométhylphosphonique

[3] En 2018, Dewayne Johnson gagne un procès contre Monsato aux Etats-Unis, accusant le « Round-up » d’avoir contribué à son cancer.

[4] Démonstration vidéo dans le TedX de Michael Pritchard :https://www.ted.com/talks/michael_pritchard_invents_a_water_filter?language=fr